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 Il était une fois... chapitre 1 (le 05/06/2006 à 16h06)

Une nouvelle assez longue écrite avec l'aide de miss Charlotte qui m'a poussé à écrire quand la flemme me reprenait. Merci !

 

 

Dring ! Dring ! Dring !

Et oui déjà ! Il est 6h30 et Léa doit se lever pour aller en cours et comme tous les jours elle tarde à se lever profitant des dernières traces de chaleur de sa couette. Il lui faut du temps pour sortir des rêves de la nuit et se replonger dans la réalité. Réalité légèrement inacceptable quand vous devez l’affronter si tôt le matin. Mais bon, de toute façon elle n’a pas le choix alors à quoi bon rester plus longtemps ? Se lever serait d’autant plus difficile. Et pourtant, tous les réveils sont identiques : la même sonnerie trois fois, les dix minutes nécessaires pour se réveiller complètement et finalement la dure nécessité de quitter la chaleur du lit. Heureusement que la douche chaude ne tarde pas à arriver : son espoir remonte, sa matinée n’est pas encore totalement perdue. Pas encore, car comme à son habitude elle n’arrive pas à décider quoi mettre pour la journée : une jupe, claire, foncée ? Un pantalon large, moulant ? Bleu, vert, gris, noir ? Quel haut ? Quelles couleurs ? Et encore une fois elle finit par sortir de sa chambre de mauvaise humeur et en retard pour faire à pied le chemin entre sa maison et le lycée. Elle descend les escaliers en courant et prend le paquet que sa mère lui a préparé sachant qu’elle serait en retard.

Ouf, merci maman pensa-t’elle en mettant le paquet dans sa poche.

Et encore une fois elle dut courir pour ne pas arriver trop en retard.

C’est pas vrai, comment je me débrouille pour être en retard tous les matins ?

Ce n’était vraiment, mais alors vraiment pas son jour. Elle se dit qu’il allait vraiment être très difficile de la rattraper cette journée, partie comme elle l’était.

Bon Léa, essaie au moins d’arriver à l’heure en cours pour une fois, ça te changera.

Et bien sûr rien ne changea, elle perdit du temps à chercher sa clé de casier et plus encore à tenter de se rappeler quelles matières elle avait dans la matinée.

La porte se refermait quand elle fut enfin au bon étage et elle dut courir pour arriver bonne dernière. Elle reprit son souffle et s’approcha finalement de sa place sous les sourires de ses camarades de classe. Sourires auxquels elle ne répondit pas, trop occupée à sortir ses affaires le plus vite possible.

C’était limite, encore une fois. Il faut vraiment que je trouve une solution à mes retards, ça devient ingérable.

Et le cours débuta sans qu’elle n’y prête la moindre attention. Malgré ses nouvelles résolutions, elle préférait commencer la matinée en douceur comme elle le faisait depuis le début de l’année : en regardant dans son dos un garçon de sa classe.

Hugo était de taille moyenne, ni trop petit ni trop grand… juste la bonne taille pour un long baiser. Ses cheveux blonds avaient toujours l’air mal coiffés, mais cet effet était le résultat de longues minutes de préparation journalières. Il avait les yeux verts, mais aussi bleus, orangés et gris même parfois, mais en tout cas c’était les plus beaux qu’elle ait jamais vus. Enfin, de sa place, elle voyait pour le moment surtout sa nuque et son dos, mais c’étaient les plus beaux également sans aucun doute. Elle déplaça ensuite son regard sur tous ses camarades comme elle aimait à le faire chaque matin. Elle avait la même place dans tous ses cours : la dernière contre le mur et proche d’une fenêtre en cas d’ennui comme cela lui arrivait souvent.

Oula, je sens qu’elle va être longue cette heure, vivement la philo.

Enfin, la sonnerie stridente retentit réalisant son souhait le plus cher depuis le début de cette matinée : aller rejoindre Chloé dans la salle de philosophie pour deux bonnes heures de discussion intenses.

Elle sortit de sa salle avec plus d’entrain que quand elle avait dû y rentrer et se laissa porter par le flux des élèves sortants de leur classe. Elle descendit au premier étage pour rejoindre sa salle. Chloé était déjà là, installée à la dernière table sur le côté gauche laissant la place contre le mur à son amie sachant que celle-ci ne supporterait pas de rester deux heures sans pouvoir s’appuyer contre le mur. Léa s’affala sur sa chaise et se tourna immédiatement vers sa camarade pour lui faire part de ses problèmes.

“C’est pas croyable des journées comme ça : j’ai presque loupé mon bus, je ne trouvais plus ma clé de casier et j’ai failli arriver en retard en espagnol“.

“Léa” répondit Chloé d’un air peiné.

“Quoi ?”

“Ce sera une journée incroyable quand tu arriveras à l’heure.”

“Merci de compatir à ma douleur, tu m’aides énormément là tu peux pas savoir.”

“Tout le plaisir est pour moi.”

“Je sais. Bon, j’espère au moins que le cours sera intéressant, ça serait le pompon.”

Chloé sortit ses affaires tranquillement pendant que son amie cherchait son classeur de philosophie… qu’elle ne trouva pas d’ailleurs.

“Bien, très bien, parfait, c’est vraiment mon jour.”

Et Chloé de répliquer :

“Léa, c’est ton jour tous les jours depuis que je te connais.”

“Tu es en forme aujourd'hui, dis-moi, quelque chose de spécial est arrivé pour que tu sois de si bonne humeur ?”

“Ta simple présence me remplit de bonheur” répondit son amie en gardant une expression neutre sur le visage.

“Tu le fais exprès, hein ? Tu veux vraiment que je craque ?” Demanda Léa d’un ton accusateur.

“Je veux surtout que tu évites d’arriver en cours de mauvaise humeur chaque matin parce que tu as failli arriver en retard. Sinon je vais bien merci.”

“Excuse-moi, excuse-moi, mais c’est juste que ça m’énerve de ne pas être capable d’arriver à l’heure et d’être obligée de courir tout le temps pour aller quelque part. Mais bon tu ne m’en veux pas de toute façon ?”

“Idiote, évidemment que non, si je devais t’en vouloir à chaque fois, je passerais mon temps à ça”  répondit Chloé sur un ton ironique.

“Aller tu as raison, achève-moi de toute façon, au point où j’en suis.”

Et le cours débuta dans le brouhaha général, chacun discutant de ses problèmes sans prêter la moindre attention au discours continu de leur professeur.

Elles discutèrent donc, de choses et d’autre pas vraiment importantes, mais qui le devenaient quand on en parlait avec une amie. Ces heures de philosophie étaient les préférées de Léa car malgré le flot incessant de paroles de son professeur, ses discussions avec Chloé l’apaisaient et lui remontaient le moral. Parce que bizarrement Chloé au lieu de compatir à la douleur de son amie, comme le feraient d’autres, se moquait d’elle et lui montrait par des réparties cinglantes que ses problèmes n’étaient pas aussi grave qu’elle semblait le penser. Et Léa lui en était très reconnaissante.

Pendant un moment de silence entre les deux amies Léa laissa son regard vagabonder sur ses camarades et il finit bien sûr par se fixer sur le dos d’Hugo. Elle rêvait de lui parler, mais sa timidité l’en empêchait et elle n’avait jamais réussi à tenir une discussion avec lui.

Elle mit du temps à se rendre compte que Chloé la regardait et quand elle s’en aperçut elle détourna vite son regard du garçon mais elle ne put esquiver le regard interrogateur de son amie. Cette dernière tourna la tête pour regarder dans la même direction que Léa quelques secondes plus tôt et comprit immédiatement ce qui retenait l’attention de sa camarade.

“Tu ne m’as jamais parlé de lui.” Elle ne posait pas une question mais énonçait une vérité.

“Te parler de lui pour te dire quoi ? Il n’y a rien à en dire.”

“Tu auras pu me parler de tes sentiments pour lui par exemple.”

“Quels sentiments ? De quoi tu parles ?”

“Léa, ce n’est pas la première fois que je te vois le regard fixé sur le dos d’Hugo avec un air rêveur dans les yeux alors n’essaie pas de me faire croire qu’il ni y a rien. Je te connais par cœur et tu le sais.”

“D’accord, d’accord, je suis amoureuse de lui d’accord ? Voilà tu as entendu ce que tu voulais, tu es contente ?”

“Très. Et pourquoi es-tu amoureuse de lui ?”

“Quoi ? Mais Chloé qu’est ce que tu me demandes ! Je l’aime parce que…regarde-le il est sexy, beau, sûr de lui, drôle. Je n’en sais rien moi ! Tu as déjà vu ses yeux ? Ils sont magnifiques, crois-moi, et je pèse mes mots. C’est mon idéal voilà tout, il est tout ce dont je rêve, il a l’air tendre, doux, attentionné. Je ne sais pas pourquoi je l’aime, mais ce dont je suis sûr c’est que mes sentiments sont très forts. Voilà pourquoi il me plaît ! Ça te va ?”

Mais elle n’eut pour réponse que le sourire malicieux de son amie qui semblait prendre un malin plaisir à la mettre dans tous ses états. Léa s’appuya contre le mur et ferma les yeux, laissant son esprit libre de choisir ses pensées. Et bien sûr elles se fixèrent sur le visage d’Hugo. Il avait les traits fins mais gardait une attitude virile et masculine qui s’accordait parfaitement à son corps et sa stature. Elle gardait dans sa tête une image de lui souriant parce que c’est avec cette expression qu’il était le plus beau. Elle resta ainsi de longues minutes avec le visage de son bien aimé derrière les paupières sans se préoccuper de ce qu’il se passait dans la classe. Il lui arrivait souvent de se perdre dans ses pensées de cette manière, elle oubliait complètement le monde extérieur dans ces moments-là et se laissait porter sans résistance dans un demi-sommeil rempli de visages et de sourires du même garçon.

Mais la réalité revenait toujours à un moment où un autre et elle devait se replonger dedans et se rendre à l’évidence : Hugo ne ferait jamais attention à elle. Elle était loin d’être laide, elle était même plutôt mignonne et n’aurait pas de difficultés à se trouver quelqu’un si elle cherchait un peu, mais Hugo depuis le début de l’année ne lui avait pratiquement pas adressé la parole.

Léa rouvrit bien vite les yeux pour ne pas se perdre dans ses pensées malheureuses. Elle avait déjà assez de problèmes pour ne pas en rajouter avec de telles idées. Chloé l’observait toujours avec son regard interrogateur.

“Tu veux peut-être en parler ?” proposa-t-elle à son amie.

“Nan vraiment pas, je suis désolé mais je ne suis pas d’humeur à regarder la réalité en face” dit Léa.

“Comme tu veux”.

C’est ça qui est bien avec Chloé : quand elle sent que vous ne voulez pas parler de quelque chose elle n’insiste jamais, vous laissant la possibilité de revenir lui parler de vous-même.

La fin de l’heure arriva assez rapidement sans que les deux filles parlent beaucoup : l’une n’avait aucune envie de le faire et l’autre acceptait l’humeur de son amie. Elles se séparèrent pour aller chacune à leur cours suivant. C’était la dernière heure de la matinée et Léa était pressée de retourner chez elle pour manger. Elle ne prêta aucune attention encore une fois à son cours de langue. Ce n’était pas son point fort de toute manière, elle préférait la SVT, la physique et la chimie, matière où elle excellait et où elle arrivait presque toujours à l’heure. Elle attendit donc impatiemment l’heure de rentrer chez elle pour pouvoir se reposer un peu et profiter de la tranquillité de sa chambre.

 

 

Léa vient de finir de manger, elle se sent un peu mieux maintenant et monte dans sa chambre pour écouter un CD en se reposant sur son lit. Le lundi elle ne commence qu’à deux heures de l’après-midi, elle avait donc le temps avant de devoir retourner en cours.

 

 

Hugo était pensif au milieu de ses amis et il se demanda s’il allait vraiment pouvoir le faire. Il avait un peu honte mais il pensait que ça pouvait être marrant. Et puis après tout, il ne risquait pas grand-chose ; à peine une dispute.

 

 

Léa se réveilla en sursaut et regarda l’heure immédiatement croyant s’être endormie trop longtemps. Mais elle avait à peine dormi trente minutes, il lui restait donc le temps de se préparer calmement sans avoir à courir pour arriver juste à l’heure.

Elle monta le son de la  musique et en descendant de son lit elle se figea devant la glace. Elle se fixait sans savoir pourquoi, comme si elle avait un malaise, un mauvais pressentiment.

Arrête ma vieille, tu te fais des idées, les mauvais pressentiments ça n’existe pas alors bouge-toi sinon tu vas finir par te mettre en retard !

Elle se leva complètement et resta debout les yeux fermés un instant parce que le malaise persistait. C’est la première fois qu’elle ressentait quelque chose comme ça : elle était paralysée par une sensation de vide et de grande tristesse, comme après avoir perdu un être cher quand on se rend compte que l’on ne le verra plus jamais malgré la force de nos désirs.

Elle se força finalement à bouger de peur de rester là pendant des heures. Elle éteignit sa chaîne et descendit les escaliers le plus vite possible : elle avait perdu la notion du temps et était restée de longues minutes debout au milieu de sa chambre, la vue de sa montre la ramena à la réalité.

Elle marcha jusqu’au lycée d’un pas lent, les yeux dans le vague, elle ne pensait à rien mais ressentait une tristesse qu’elle n’avait jamais éprouvée. Puis elle regarda sa montre et finit le chemin la séparant du lycée en courant et en se demandant comment avec deux heures pour manger elle arrivait aussi l’après-midi à être en retard.

 

 

Mais cette impression ne la quitta pas de toute l’après-midi, et ce, même durant ses deux heures de maths qu’elle adorait. Comme si quelque chose voulait la prévenir qu’un événement allait se produire.  Elle attendait impatiemment l’heure à laquelle elle pourrait enfin rentrer chez elle pour se reposer et tenter de faire disparaître cette sensation. Quand la cloche sonna elle rangea ses affaires rapidement et se dépêcha de sortie de classe. Elle devait être complètement dans le vague car elle n’entendit pas que quelqu’un criait son nom pour la troisième fois. Ce quelqu’un était Hugo.

“Léa ! Léa, tu m’entends ?”

“Ah, désolé j’avais pas fait gaffe. Qu’est-ce qui y a ?” répondit-elle d’un air pressé sans même se rendre compte que c’était la première fois que le garçon lui adressait la parole depuis le début de l’année.

“Je pars du même côté que toi, tu veux qu’on rentre ensemble ?”

“Hein, euh oui d’accord si tu veux.” Dit-elle sur un ton étonné mais qui ne trahissait ni son malaise ni une étrange appréhension.

Elle se retourna sans un mot de plus et descendit les escaliers, Hugo à sa suite. Ils n’avaient toujours pas échangé une parole quand ils arrivèrent dans la rue et aucun d’eux n’avait l’air de vouloir rompre le silence. Léa se demandait pourquoi Hugo lui proposait tout d’un coup de faire la route avec elle, jamais elle n’aurait imaginé qu’il lui adresse seulement la parole. Elle marchait donc à ses côtés, le regardant parfois d’un coup d’œil rapide pour ne pas être prise sur le fait. Il marchait d’une manière décontractée qui lui avait toujours plu : il se dégageait de lui une impression de fierté et d’une sorte de puissance qui l’impressionnait. Il semblait sûr de lui comme s’il savait exactement où il allait et rien n’arrêterait sa volonté. Léa nageait en plein bonheur : Hugo marchait étrangement prêt d’elle, parfois même au point que leurs mains se frôlent et elle pouvait sentir sa présence masculine à ses côtés. Elle se sentait en sécurité avec lui.

Mais elle n’habitait pas si loin que ça et bientôt elle vit sa maison au bout de la rue, elle redescendit alors sur terre. Il lui faudrait quitter Hugo pour rentrer chez elle et elle ne voulait pas voir disparaître le bien-être qu’elle ressentait depuis sa sortie du lycée. Elle jeta un regard sur le garçon et se rendit compte qu’il faisait la même chose. Ils se regardèrent dans les yeux le temps d’un clignement de paupières et se détournèrent vivement se sentant gênés à la vue de l’autre.

Léa se demandait bien ce qu’elle pourrait lui dire quand ils arriveraient devant chez elle. Elle avait déjà du mal à réaliser ce qui était en train de se passer, alors réussir à articuler la moindre parole lui semblait de l’ordre de l’impossible.

Sa maison se rapprochait de plus en plus et elle ne savait toujours pas ce qu’elle allait lui dire quand ils devraient se séparer. Et ils continuaient à marcher, et plus ils s’avançaient, plus Léa sentait comme un affolement, un malaise monter en elle.

Elle s’arrêta finalement devant son portail et se tourna vers Hugo pour lui dire qu’elle était arrivée. Mais quand elle tourna la tête et le vit, lui, debout, ses yeux verts fixés sur elle, elle resta bouche bée et ne put dire un mot. Ils se regardèrent dans les yeux durant de longues secondes qui parurent plus longues encore que des heures d’ennuis en cours. Il lui sourit enfin, après ce moment de symbiose et se détourna. Il repartit de son pas tranquille et sans jeter un regard en arrière, disparu au premier virage qu’il emprunta pour rentrer chez lui.

Léa resta quelques instants figée devant son portail puis se força à rentrer chez elle. Elle monta les escaliers d’un pas lent et irrégulier, les yeux dans le vague comme une camée sortant doucement de son dernier trip. Elle entra dans sa chambre, laissa tomber son sac sur la moquette puis se laissa tomber elle-même sur son lit où elle s’endormit.

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