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Ne rien ressentir, Jamais... Ni peine, ni chagrin, Ni joie, ni bonheur... Agir par envie, Et souffrir de ce monde, Trop présent dans votre coeur.
L'entendre respirer, Marcher, Tourner, Pleurer, Rire Et Prier...
Mais ne rien ressentir d'autre, Que cette seule et froide indifférence, Teintant votre visage.
N'être qu'une poupée, Au regard froid Et au coeur sombre, Baignée dans un flux de Vie, Sans âme, ni conscience.
Et voilà que soudain, Arrive le marionnettiste de votre corps.
D'un seul geste, D'un seul mot, D'une seule étreinte, Il fait naître des sourires sur votre visage, Fait pleurer vos larmes Apaise vos peurs Et vous apprend à vivre.
Vous sentez cette énergie parcourir vos veines, Mais, continuez malgré tout, À ne rien ressentir. Froideur...
Vous naissez entre ses doigts, Prenez conscience du monde qui vous entoure, De vos envies, de vos désirs, Mais point de votre coeur, Toujours inexistant.
Petit à petit, Vous vous découvrez humaine, Vous ressentez ce monde, Vous ne le subissez plus, Mais vous restez esclaves De vos sentiments sans noms. Vous les ressentez, Les analysez, Les devinez, Les apprivoisez.
Et voilà qu'aussi soudainement, Qu'il est arrivé, Il vous quitte, Ce marionnettiste, Qui vous donnait vie, Vous laissant seule et perdue, Dans ce flot de sensation Que vous ne connsaissiez pas.
Et voilà qu'il vous quitte, Et cela réveille votre coeur, Si profondément endormi, Que vous doutiez de son existence.
Vous éprouvez la solitude, Ce bien-aimé sentiment, Ô combien rassurant avant, Vous trouble et vous perturbe.
Vous souffrez de ce pincement inconnu, De sa froideur, De son éloignement.
Vous éprouvez la jalousie, La peur, Et luttez contre cette douleur Que vous aviez oublié Et vous vous souvenez De pourquoi tant d'indifférence.
C'est tellement mieux, De ne rien ressentir. Pas d'âme, Pas de coeur, Pas de souffrance.
Mais voilà que vous avez goûté à la vie, Et que votre désir de glace Vous paraît soudainement Bien fade et dérisoire, Pueril et superficiel.
Vous ne savez plus Comment réagir. Seule vous importe Cette sourde douleur Dont vous aviez si bien oublié Jadis, l'existence, Et qui est revenue si facilement.
Vous crevez de son manque, Vous souffrez en silence, Et vous voudriez le maudire, Mais seul vous importe son bien-être à lui. Il n'a pas à souffrir de la situation.
Après tout, ce n'est pas sa faute, Si, tel un ouragan, Il a tout balayé en vous, Ne laissant derrière lui Que ruines, sur la terre De votre coeur inconnu.
Il vous faut tout reconstruire, Pierres par pierres, Murs par murs...
Et vous hésitez entre la Mort et la Vie.
Redevenir cette poupée froide Et inhumaine Ou Suivre le chemin étranger De ces émotions qui vous ont fait cruellement défaut ?
Vous ne savez pas vivre avec ça, Et vous voudriez pleurer amèrement Sur votre sort, Mais, c'est bête, Vous ne savez pas pleurer sans lui.
Vous essayerz de sourire, Mais ce ne sont que des grimaces, Que vous renvoie votre miroir.
Et tous ces désirs, Ces mots que vous voudriez lui dire, Resteront comme ces larmes, Coincés dans le fond de votre gorge.
Parce qu'il est un fait bien connu de tous, Que c'est lorsque que l'on perd une chose, Qu'on se rend compte à quel point on y tenait,
Et vous prenez soudainement conscience, Que vous l'aimez.
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Fin
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